En 1954 j’obtenais mon diplôme d’institutrice. Ma première année d’enseignante a été une suite d’intérims. Par chance il y en a eu un de six mois à Alost, suivi d’autres de deux ou trois semaines un peu partout en Flandre.
Il y en a un qui m’a particulièrement marquée : l’école toute entière, de la maternelle à la 8e année (il y avait encore 8 ans en ce temps-là, car l’obligation scolaire finissait à 14 ans) tenait en une classe unique, garçons et filles ensemble. Je n’avais pas été préparée à ce cas de figure. C’est l’excuse que je présente pour n’avoir pas pu gérer… Il y a eu donc beaucoup de dessin, du chant, de la gymnastique, des promenades (prétexte à l’étude du milieu) : je ne leur ai rien appris, c’est sûr.
Tout mon respect va à la vraie titulaire de cette classe : un petit sondage m’a montré qu’aucun enfant n’avait du retard sur le programme correspondant à son âge.
C’est probablement cette classe qui hante beaucoup de mes rêves quand je dors : il y a trop de moutards indisciplinés partout !